Le journal d'Anne Frank, un spectacle jeune public adaptée de l’œuvre universelle éponyme

Création octobre 2020

(photo ©ANNE FRANK FONDS Bâle, Suisse)

 

Début 2018, après la création du dernier spectacle jeune public de la compagnie « La maison en petits cubes » de Kunio Katô qui aborde les questions de mémoire et vieillesse à destination de l’enfance, les membres de la compagnie se sont mis à la recherche d’une nouvelle œuvre, objet d’une future démarche artistique. Plusieurs membres de la compagnie ont découvert la bande-dessinée nouvellement sortie d’Ari Folman « Le journal d’Anne Frank ». D’emblée, elle nous a touchés et donné envie de nous replonger dans l’œuvre originale d’Anne Frank. L’écoute de l’actualité française a accentué cette nécessité de se plonger dans une adaptation théâtrale vers le jeune public. De plus, Anne Frank est une adolescente fougueuse, révoltée, victime d’un monde devenu fou mais elle demeure une adolescente comme tant d’autres. Ses mots touchent, son parcours de victime traquée interpelle et la révélation de sa mort à la fin de l’ouvrage bouleverse.

 

On ne sort pas indemne émotionnellement, intellectuellement et artistiquement de la lecture du journal d’Anne Frank. Certaines œuvres vous traversent sans laisser de traces. Pas le journal d’Anne Frank. Après sa lecture, notre rapport au monde, notre perception changent ; cette œuvre ne nous quitte plus, Anne non plus. Mille raisons nous donnent envie de transmettre ce journal au jeune public, de partager cette humanité, cette vie, de faire que cette voix ne s’éteigne jamais. De la portée historique à la personnalité d’Anne (son humour, sa vivacité, son humanité, son talent littéraire…), de l’histoire de cette famille et du journal à la lutte contre l’antisémitisme, beaucoup d’éléments font sens.

 

Au delà de l’aspect historique et de l’intérêt artistique, ce spectacle permettra aux spectateurs de réfléchir à l’actualité, de susciter une réflexion sur les dangers du racisme, de l’antisémitisme, de toute forme de discrimination, du combat pour les droits de l’homme et sur l’importance des valeurs de liberté, d’égalité des droits et de démocratie. C’est donc avec humilité, sensibilité et conviction que la compagnie Spectabilis a souhaité initier un travail d’adaptation du « journal d’Anne Frank » à destination de l’enfance pour que cette œuvre et la vie d’Anne Frank puisse être transmise aux générations futures, aux jeunes citoyens constructeurs de l‘Europe de demain. « J’espère que le journal d’Anne Frank continuera à t’influencer, de façon à ce que, dans la mesure de tes possibilités, tu luttes pour le rapprochement des peuples et pour la paix » Otto Frank

Durée 60min - catégorie jeune public à partir de 9 ans - prochaines dates


Soutiens

 



Accessibilité

Le spectacle sera disponible en audiodescription


Distribution (en cours)

Mise en scène :

Odile Bouvais

 

Avec :

Régis Huet, Cécile Schletzer

Olivier Algourdin

 

Scénographie et décors :

Bruno Cury

 

Création lumières :

Patrick Touzard

 

Production :

Samuel d'Aboville

 

 

 

 



Note d'intention

 

Anne Frank,

 

Une adolescente avec tout le trouble inhérent à cette période : les questionnements, le bouleversement intérieur, la difficulté à trouver le juste milieu face aux événements. Anne vit dans un espace clos. Tout est exacerbé : le manque de liberté, le manque d'intimité, d'espace à soi, l'ambivalence entre la culpabilité d'être cependant « protégée » des horreurs de la guerre et l'injustice de la situation qu'elle vit avec sa famille.

 

Anne partage un espace réduit avec des adultes à un âge où on voudrait s'éloigner d'eux et s'envoler de ses propres ailes...Elle aspire à devenir une jeune fille libre de pensée, avec des allers et retour entre l'espoir, la projection dans l'avenir et le doute d'une fin heureuse possible. Anne est une adolescente à la recherche d'une amie, qui saura la comprendre. Cette vie en vase clos empêche cette possible rencontre. Alors il y aura Kitty, amie virtuelle, qui la sauvera d'une trop grande solitude.

 

Pour une adolescente impatiente de vivre, le temps s'étire, rythmé par le carillon de la Westertoren qui rassure, jusqu'à ce qu'il disparaisse… et par les rituels journaliers auxquels on ne peut déroger sans risquer d'être découverts. Les bruits du dessous, des bureaux, de l'entrepôt, rythment aussi la journée. Et le temps passe et les vêtements sont élimés , trop courts, et trop serrés pour Anne et Peter qui grandissent .

 

L'utilisation de cartons ficelés, valises, malles de toutes grandeurs, permettra un espace scénique interchangeable en fonction des scènes jouées. Déplacés ils symboliseront tour à tour : la rue par laquelle on atteint l'annexe, les espaces de nuit, les espaces d'apprentissage, les espaces d'intimité, l'espace collectif des repas… Tous ces éléments se déplacent, s'ouvrent, se ferment mais restent cartons, malles, valises parce qu'on peut être amené à fuir et déménager de nouveau.

 

Une trappe située au centre de la scène, fera exister le dessous, le « bureau-radio » l'escalier, l'entrepôt. Un écran diffusera des images (diapositives ) sur ce qui existe ou se déroule à l'extérieur : en bas dans la rue, chez les voisins en face, en haut dans le ciel et dans les rêves et cauchemars d'Anne Frank. Enfin un ring, dispositif principal, illustrera l'enfermement, l'espace réduit où on se cogne au sens propre et figuré, métaphore du combat intérieur d'Anne. Il faut se battre pour survivre avec ceux que l’on n’a pas choisis, mais aussi contre des sentiments que l’on aimerait moins exaltés, moins extrêmes. On peut tenter de sortir de tout cela mais comment, pourquoi, pour qui ?

 

Le journal se termine le 1er août 1944, le 4 août, Anne est arrêtée avec sa famille, déportée comme tous les autres membres de l'annexe. Un seul survivra, le père d'Anne Frank. Se pose la question d'aborder cette fin avec un jeune public. Il n'est cependant pas question de l'éluder : l'espace scénique est vide, silencieux, ne reste que ces cartons, malles et valises inutiles à présent. Les cordes du ring vidé de toute présence humaine sont devenus barbelés.

 

Dans le spectacle, il y aura principalement Anne Frank avec à ses côtés, Peter, son alter égo qu'il lui faut apprivoiser ; son père pilier de toujours et refuge de tous les instants. Les 3 comédiens interpréteront tour à tour tous les personnages de ce huis clos où résonnent à tout instant les paroles d'Anne Frank : « Sors, va dans les champs, dans la nature et au soleil, sors et essaie de retrouver le bonheur en toi ; pense à toute la beauté qui croît en toi et autour de toi et sois heureuse ! »

 

Odile Bouvais – juin 2019