Les yeux plus grands que le monde : un conte moderne pour questionner les problématiques d’alimentation.

 

Nouvelle création - automne 2016

 

Il était une fois "Poussé" par la faim, un pauvre gamin des pays lointains.
Un jour, il s’en va voir "Princesse", une petite géante à l’autre bout de la terre.
Il a une surprise pour elle : un petit haricot de son pays, de la famille des légumineuses, vous savez les légumes qui brillent à la lumière ! Sauf que son cadeau, il est empoisonné…
 
Récit d’une rencontre entre deux êtres qui n’étaient pas faits pour se rencontrer, ce conte moderne s’aventure sur les pistes mouvementées des questions liées à l’alimentation. On y met en jeu la grande cuisine du monde, ses inégalités Nord / Sud, mais aussi tous les rapports intimes que nous entretenons avec la nourriture…

 

« Les contes, par un singulier renversement de leur situation dans l’histoire humaine, ont aujourd’hui plus à voir avec la dimension de l’utopie qu’avec celle de la nostalgie du passé. Ils sont les alliés de l’utopie, et non pas du conservatisme. C’est pourquoi je les défends : parce je crois en la valeur de l'utopie, passage obligé de l'acceptation passive du monde à la capacité de le critiquer, à l'engagement pour le transformer. Le Petit Poucet' a encore quelque chose à dire. » « Et puis, ne négligeons pas la valeur éducative de l’utopie. Si nous n’espérions pas, envers et contre tout, en un monde meilleur, à quoi bon aller chez le dentiste ? »
Gianni Rodari

« Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? »
Lewis Carroll

durée : 1h10 - catégorie : tout public à partir de 9 ans - prochaines dates

le dossier de présentation

Les partenaires du spectacle


Note d'intention

 

Très vite, quand le travail de collectage a commencé, en préalable à l’écriture, une idée s’est imposée d’elle-même : manger bien sûr est une activité qui concerne potentiellement tous les humains, mais selon que l’on se trouve d’un bout à l’autre de la planète, la dite activité ne fait pas recette de la même façon. Globalement d’un côté l’abondance, de l’autre le manque…

 

Ce constat, cruel et terriblement banalisé, a fait son chemin auprès de tous les spécialistes que nous avons rencontrés (historien, ingénieur agronome, diététicien, cuisinier) et a naturellement rejoint des problématiques liées à l’environnement, l’agriculture, le gaspillage alimentaire… Si on devait résumer tout cela en une question et une proposition, on pourrait dire : aujourd’hui nous qui vivons à un certain endroit de la planète sommes-nous prêts à changer nos pratiques (alimentaires, agricoles) pour que chacun dans le monde puisse manger correctement, tout en limitant les impacts sur l’environnement ?

 

Au début du 20ème siècle : 1, 8 milliards d’humains sur la planète, 800 000 qui souffrent de la faim ; aujourd’hui 7, 3 milliards et toujours 800 000 d’affamés… pourquoi on ne va pas au bout du problème ?

 

Visiblement, aujourd’hui – et c’est une première dans l’histoire du monde - on a les moyens d’y aller. Politiquement, économiquement et logistiquement parlant, c’est possible. D’une certaine manière, l’agriculture productiviste de l’après-guerre s’est engagé la première dans cette lutte, mais à grands renforts de tracteurs, pesticides et politique agricole injuste - des moyens qui font aujourd’hui peser de vraies menaces climatiques et géopolitiques sur toute la planète…

 

Alors aujourd’hui on fait quoi ? C’est quoi la bonne recette pour le monde, le bon régime ? Un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout, à s’en faire péter la sous ventrière ? Et jusqu’où on peut manger ? On mange les autres, la part des autres ?

 

LES YEUX PLUS GRANDS QUE LE MONDE s’aventure sur les pistes mouvementées des questions liées à l’alimentation. Il le fait à travers un conte, parce que les contes sont comestibles à tous âges et qu’ils savent – ça ne date pas d’aujourd’hui - mettre les pieds dans le plat. Après tout, lorsque Perrault raconte l’histoire d’un petit garçon perdu dans la forêt, il donne à voir sur les famines de son temps, époque pas si lointaine où des enfants affamés rêvent de maisons couvertes en gâteaux… de festins délirants à la manière de ceux de Gargantua.

 

Alors parce que nous pensons que dans le monde d’aujourd’hui, si troublé, « le petit Poucet à encore quelque chose à dire » on n’hésite pas à refaire bouillir la marmite de Perrault, mais à notre façon, avec ce qu’il faut d’humour et de décalage pour faire décanter le conte. Ainsi, dans notre histoire Poucet se dit Poussé comme ça se prononce mais pas comme ça s’écrit, est affamé comme dans le récit initial mais n’est pas petit de taille – au contraire c’est un jeune homme très grand pour son âge et qui, histoire de corser la fable, se la joue tueur de princesse et kidnappeur…

 

C’est qu’il y a de la friction dans cette nouvelle cuisine, du conflit de toute sorte : politique, amoureux et aussi de génération. On souffle le chaud et le froid sur les gastronomies de maman et papa, les recettes d’hier et d’aujourd’hui, tendance radis noir ou super size… On y met en jeu la grande tambouille du monde, sa complexité, ses inégalités sociales, économiques et les frustrations qu’elles engendrent. Et même si parfois on n’y va pas avec le dos de cuillère, au final on ne juge personne.

 

Simplement, on donne une chance à l’histoire de Princesse et Poussé.

Thierry Charrier - Auteur

Distribution

Mise en scène : Clarisse Léon

 

Texte : Thierry Charrier

 

Avec : Régis Huet, Cécile Livenais, Philippe Piau et Cécile Schletzer

Scénographie : Philippe Chaignaud

 

Lumières : Patrick Touzard

 

 Musique : Jean-Louis Livenais

 

Costumes : Michelle Amet